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Brady v. Stewart

(1887) 15 SCR 82 Court SCC Decision date 1887-06-22 English

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Sir W. J. C. J.-There can be no doubt that at the time this purchase was made the shares had whether rightly or wrongly been declared confiscated and forfeited by the company for non payment of dues, and that the company at the time of the transfer were insisting on the validity of such confiscation and forfeiture and did not withdraw such contention until the decision of a suit by another party, whose shares had been similarly confiscated and forfeited, whereby such confiscation and forfeiture was declared invalid, and there can be no doubt that it was well understood by all parties that an action for the recovery of the rights claimed would be necessary, in fact the purchase was made on speculation by appellant with full knowledge that the company considered the forfeiture effective and the claim disputed, and in the belief that before anything could be realized litigation would be necessary.
The evidence of the appellant himself is conclusive to my mind, and as to the litigious character of the right sold establishes the case of the respondent. On his examination as to the purchase of these shares R he says :- I bought them at very reduced prices. I paid Alex. Conitry $40.50 for his shares; I paid Sam. McKee $51.25 for his shares; I paid to Wm. Haddlesley $19.25, and I paid to Geo. Dalrymple for his shares, with the understanding that if I succeeded in getting the whole amount paid on his shares I would give him a further sum of Thus he only paid $126 for shares which, according to his claim, would give him $727.75 for dividends already declared, as well as establish his rights to the future dividends.
McKee says :- I understood that a lawsuit would have to be instituted before we could get the amount, and I sold Brady the books at his own risk; and Wm. Haddlesley being asked whether he sold a lawsuit, answered, "I understood it that way, certainly."
As William Haddlesley says
I am one of the former shareholders of the St. Gabriel Mutual Building Society. I was in possession of the book, no one hundred and forty-six (146) which I have now before me, and on which was paid seventy-seven dollars ($77.00).
After paying that amount I stopped payments, and after stopping payments the socie'y considered me confiscated. I had received several notices that I was in arrears, and after a while I was informed that my book was considered confiscated.
It was after liquidation that I sold my book to the best of my belief, before selling my book I remember at least once that I went to the plaintiff's Brady's house at a meeting of the forfeited shareholders.
We had the meeting for the purpose of clubbing together to fight the directors or liquidators, and to try and receive the amount of our books.
Our intention that is the intention of the meeting and of myself, one of them, was to take legal proceedings against the liquid'ators.
Some time after I sold my book to the plaintiff Hugh Brady, for the amount stated in transfer, of twentyfive per cent. on the amount paid.
Q. So that in fact at the time you sold your book, you sold a law suit ?
A. I understood it that way certainly, but I was clear, of the whole thing; that was what I understood.
Q. You could not get the amount without a suit before you sold to Mr. Brady ?
No.
And I do not think that a subsequent decision in a suit by another party that a similar confiscation had been declared of no effect, can avail the appellant under the 4th exception of art. 1584, C. 0., viz., RitchieCJ.that the provisions of art. 1582 do not apply " when "the judgment of a court has been rendered affirming the right or when it has been made clear by evidence and is ready for judgment " because I agree with the majority of the Court of Appeal as appears by the judgment of that court as delivered by Mr. Justice Cross," that it only applies to the particular demand in litigation, having been confirmed by the judgment of a court," or when 'it has been made clear by evidence and is ready for judgment.
I think that the judgment of the Court of Appeal should be affirmed.
J.-I am of the same opinion for the reasons given in the judgment of the Court of Queen's Bench. FOURNIER J.:-II est admis que 1'appelaut est devenu membre de la " Soci6t6 mutuelle de construction de St. Gabriel," en vertu de divers transports qui lui ont t6 faits par George Dalrymple, William Haddlesey, Alexander Coultry et Samuel McPhee, des actions que chacun d'eux possbdait dans le fonds social de la dite soci~t6. Par r6solution du 19 juillet 1879, cette soci6t6 constitude en vertu du ch. 69 des Statuts du Bas Canada s'est r6gulibrement mise en liquidation conform6ment aux dispositions de l'acte. Les intim6s liquidateurs ayant omis le nom de 1'appelant de la liste des actionnaires, celui-ci s'est adress6 & la Cour Sup6rieure pour se faire reconnaltre comme propri6taire de quarante actions dans la dite soci6t et faire ordonner aux liquidateurs de le porter sur la feuille de dividendes des deniers provenant de la Tralisation des biens de la dite soci&t pour la somme de $727.75 pour sa part des dividendes d6ji d~clars.
Les intim6s ont produit en r6ponse A cette demande plusieurs plaidoyers qui ont 6t0 on rejet6s on abandonnds, A 1'exception de celui par lequel ils ont allhgu6 que par les divers transports qui avaient faits aFourier J. l'appelant il est devenu acqu6reur de droits litigieux, et qu'en vertu de la loi il ne pouvait r6clamer d'eux que le montant qu'il avait actuellement pay6 pour acqu~rir ses actions, avec 1'interst et les frais de transports. La seule question qui s'616ve en cette cause est de savoir si les divers transports accept6s par I'appelant peuvent Atre consid6r6s comme une cession de droits litigieux donnant aux intim6s le privilhge de r6clamer le b6a6fice du retrait accord6 par Part. 1582, 0. C.
La nature des cr6ances dont 1'appelant est devena le cessionnaire n'a certainement rien de litigeux, il s'agit d'actions pour des montants d~termin6s, r~gulibrement souscrites, dans le fonds social d'une soci6t6 r6gulibrement constitu6e en vertu de la loi.
Les souscripteurs originaires en out fait cession & l'appelant pour valable consid6ration et sa position, comme les repr~sentant en vertu des transports qui lui ont 6t6 faits, est admise.
Pent-on signaler dans tons ces faits qui constituent
1'appelant cr~ancier des actions en question, un seul point litigieux on contestable, il est 6vident que non. Un droit est litigieux, dit Particle 1583 0. lorsqu'il est incertain, disput6 on disputable par le d6biteur.
Cet article n'a 6videmment aucune application aux faits concernaut la cession dont il s'agit. Il est impossible de consid6rer qu'il y ait la moindre incertitude an sujet de l'existence de la cr6ance; aucune contestation n'6tant soulev6e dans la cause an sujet du droit lui-m~me, on ne peut pas non plus dire qu'il est disput6, et enfin il est clair qu'il n'est pas disputable en cons6quence de l'6vidente certitude de son existence.
Il ne doit pas suffire A un d6biteur de dire sans aucune apparence de raison qu'il dispute on conteste sa dette pour rendre celle-ci disputable. Cela ne pent d6pendre de la volont6 seule du d6biteur.
La loi indique ellemame qu'il faut pour cela un motif, elle signale en premier lieu 1'incertitude du droit.
Ce d6faut doit provenir de la nature de la cr6ance elle-m~me. Fournier J. L'article, en ajoutant que le droit doit Atre disputM on disputable, signifie sans doute que ce sera pour des motifs attaquant la crance elle-mame, comme si par exemple le d6biteur niait la considration, all6guant fraude, etc., on enfin pour toutes autres raisons qui pourraient faire perdre & la cr~ance c6d6e son caractare de certitude.
Les intim6s n'ont absolument rien de ce genre A opposer A la cr6ance c6d6e. Leur pr6tention qu'elle est litigieuse n'est que le r6sultat d'une erreur palpable de leur part.
A 1'6poque du transport en question il se trouvait un certain nombre d'actionnaires qui s'6taient laiss6s tomber en arr6rage.
Sous l'impression que dans le cas de d6faut de paiement aprbs un certain d6lai les r~glements de la pronongaient de plano contre les actionnaires en retard la peine de confiscation de leurs actions, et croyant que cette peine avait 6t prononc6e parce que leurs noms n'apparaissaient pas dans la liste des actionnaires, les liquidateurs avaient d'abord dbcid6 de les traiter comme ayant perdu leurs droits. Mais les actionnaires se trouvant dans ce cas, se liguarent pour porter dans leur int~rt commun cette question devant les tribunaux. Le cas du R~v. M. Charbonneau en tous points semblable A celui de l'appelent, fut choisi pour d6cider la question. fut 6tabli qu'il n'y avait eu aucune confiscation de prononc~e ni par la loi ni par les directeurs de la socit6, des actions sur lesquelles il y avait des arr6rages A payer. L'honorable juge Mathieu qui a prononc6 le jugement dans cette cause le 16 aofit 1883, r6sume ainsi les faits dans quelques-uns de ses considrants : - A Penvoi d'avis aux membres arri~rbs, mais ne d6clare pas la confiscation et n'autorise pas le secr~taire A faire cette confiscation -; ) que Pexpiration du d61ai, aprbs Penvoi de l'avis ne constitue pas la confiscation; mais qu'il fallait que cette confiscation fftt d~clarbe par Ia et que les directeurs mmes n'avaient pas le droit de confisquer les actions: que les directeurs n'ontjamais pass6 de reso- Fournier J. lution confisquant les actions du requbrant; que les rapports des directeurs n'ont jamais mentionn6 que les actions du requ6rant avait 6t confisqubes, et que cette mention esit-elle 6t faite, cela n'aurait eu aucun effet sur la question en litige; que la pr6tendue confiscation ad6gu6e par les d6fendeurs est illigale :
Considrant que par I section 15 de l'acte concernant lea soci~t~s de construction, chapitre 69 des statuts refondus du Bas-Canada, il est dcr6 que chaque telle socit6 pourra confisquer et d&clarer confisqu~es en faveur de la soci6t6 lea actions de tout membre qui pourra nDgliger de payer, ou qui doit des arr6rages sur le nombre des versements qui pourra tre fix6 par aucune stipulation ou reglement;
Considbrant qu'il parait 6vident par lea dispositions de cette sec. tion que chaque cas particulier doit ftre soumis A la sociWth qui doit donner une d~cision et d~clarer confisqu6es les actions du membre s'il se trouve dans lea cas mentionn6s dans lea rZglements oa il aura encouru la confiscation;
Consid&rant qu'il n'est pas prouv6 que la dite soci6t6 se soit jamais prononc~e sur la confiscation des actions du requ6rant, et que le contraire appert par la preuve, et qu'il est constant qu'il n'y a jamais eu telle confiscation;
Consid6rant que la pr6tention des d6fendeurs que la confiscation a eu lieu de plein droit par lavis donn6 et par l'op&ration de la dite section 4 des dits r~glements est mal fond~e; que cette section 4 des dits r~glements n'a pas la portke que lea d6fendeurs lui donnent, et que si cette disposition des dits r~glements avait ce sens, il s'en suivrait qu'elle serait ill6gale comme contraire aux dispositions de la dite section 15 du dit statut, et qu'il est dcrt6 par le dit statut que lea r~glements ne pourront pas tre contraires 6 ses dispositions ; Consid&rant que la confiscation des actions du dit requbrant ne pouvait stre prononc6e sans que le requ~rant efit t mis i6galement et r6gulibrement en demeure; qu'il n'est pas prouv6 quil ait eu mise en demeure r6gulibrement et que la confiscation mAme n'est pas prouv6e; que le nom du requrant n'a pas t ray6 de la liste des membres avant la mise en liquidation de la dite socit ; que la requte du dit requbrant est bien fond6e et que les d6fenses des dits d~fendeurs sont mal fond~es;
On voit par les motifs donn~s par 1'hon. juge qu'il n'y avait aucune raison de fait ni de droit pouvant justifier la confiscation des actions du R&v. M. Charbonneau.
Les faits de cette cause tant absolument les mimes, il faut en conclure 6galement qu'il n'y a pas en et qu'il ne pouvait pas avoir lieu A la confisca- Fourniet J-tion des actions de l'appelant.
Comme c'est uniquement sur ce motif de confiscation que les intimbs se sont appuyds pour pr6tendre que la cession faite A 1'appelant en 6tait une de droits litigieux, il est 6vident que cette pr6tention est absolument sans fondement et cons6quemment que les droits c6ds n'6tant pas-disputables par la soci6t6 intimbe, il n'y avait pas lieu d'invoquer le b6ndfice de Part. 1582.
Malgr6 la pr~tention contraire des intimbs, les appelants et plusieurs de ses c6dants savaient que les droits en question n'6taient pas litigieux; quelques-uns d'eux il est vrai comprenaient qu'en cons~quence de l'erreur des intimbs, au sujet de la confiscation, une action pourrait Atre n6cessaire pour r6tablir la v6rit6 sur ce point.
Les intimbs ont cit6 dans leur factum une partie du t6moignage de l'appelant pour prouver qu'A sa connaissance les droits en question 6taient litigieux. Cette citation de leur factum lui a fait dire d'une maniere absolue:
y a erreur dans la citation par 1'omission des mots suivants: "in the way they were."
Ce qu'il a r6ellement dit d'apris le dossier, c'est ce qui suit:- La diffirence dans le sens de ces deux phrases est 6vidente.
D'apres celle du factum on lui fait dire d'une manidre absolue qu'il a achet6 A prix r6duit parce que les droits 6taient disput6s; tandis que dans son t6moignage, en ajoutant , " in the way they were," il disait en r6alith qu'il a achet6 A prix r6duit par suite de la pr6tention erron~e qu'il y avait eu confiscation. D'ailleurs, dans une autre partie de son t6moignage, il dit positivement qu'il savait que cette pr6tention 6tait erronee.
Je ne crois pas qu'il y ait en d'incertitude au sujet des droits c6d6s; mais en supposant qu'il y en eut ene J. A une certaine 6poque dans 1'esprit de quelques actionnaires, il n'y en avait certainement plus lorsque 1'appelant a intent6 son action.
Alors celle du Rev. M. Charbonnean qui n'avait t6 prise que pour faire d6cider la 16galit6 de la pr6tendue confiscation 6tait jug~e et avait donn~e gain ; ceux qui avaient soutenu le contraire.
L'appelant, A la v6rit6, n'etant pas nominalement partie dans cette cause, ne peut invoquer ce jugement comme devant avoir force de chose jug6e, mais comme l'un des int6ress6s qui out pris part aux d61ib6rations des autres actionnaires, dont le r6sultat a t6 d'adopter le moyen d'une poursuite au nom du R6v. M. Charbonneau pour faire d6cider par les cours la question de confiscation, il peut certainement invoquer ces circonstances pour d&montrer qu'd sa connaissance personnelle, si son droit avait pu 6tre litigieux, il avait, au moment de son action, cess6 de l'Atre ; qu'6tant alors devenu certain par l'effet de cette dcision, il pouvait invoquer avec avantage 1'exemption cr66e par le paragraphe 4 de l'article 1584.
Par ces motifs, ainsi que pour les raisons expos6es par 1'honorable juge Ramsay dans ses notes sur cette cause, je suis d'avis que l'appel devrait tre allou6 avec d~pens. J.-Concurred with ..
J.-The appeal should be dismissed for the reasons mentioned in the judgment of the Superior Court
Appeal dismissed with costs.

Statutes and regulations cited

  • Unresolved citations
    • section 15
    • section 4