Version française du jugement rendu par
1. L'article 45 de la Loi portant réforme du droit de la famille, L.R.O. 1980, chap. 152, est‑il une disposition en matière de soutien?
2. Les dispositions de l'art. 45 de la Loi portant réforme du droit de la famille, précitée, sont‑elles nulles en raison des dispositions que renferme en matière de soutien la Loi sur le divorce, S.R.C. 1970, chap. D‑8?
3. Les dispositions de l'art. 45 de la Loi portant réforme du droit de la famille, précitée, sont‑elles sans effet lorsqu'une demande faite en vertu de ces dispositions est jointe à une demande de soutien en vertu de la Loi sur le divorce, S.R.C. 1970, chap. D‑8?
Loi sur le divorce, S.R.C. 1970, chap. D‑8:
11. (1) En prononçant un jugement conditionnel de divorce, le tribunal peut, s'il l'estime juste et approprié, compte tenu de la conduite des parties ainsi que de l'état et des facultés de chacune d'elles et des autres circonstances dans lesquelles elles se trouvent, rendre une ou plusieurs des ordonnances suivantes, savoir:
a) une ordonnance enjoignant au mari d'assurer l'obtention ou d'effectuer le paiement de la somme globale ou des sommes échelonnées que le tribunal estime raisonnables pour l'entretien
(i) de l'épouse,
(ii) des enfants du mariage, ou
(iii) de l'épouse et des enfants du mariage;
b) une ordonnance enjoignant à l'épouse d'assurer l'obtention ou d'effectuer le paiement de la somme globale ou des sommes échelonnées que le tribunal estime raisonnables pour l'entretien
(i) du mari,
(ii) des enfants du mariage, ou
(iii) du mari et des enfants du mariage; et
c) une ordonnance pourvoyant à la garde, à l'administration et à l'éducation des enfants du mariage.
Loi portant réforme du droit de la famille, L.R.O. 1980, chap. 152:
18.‑‑(1) La cour peut, sur demande, ordonner au défendeur de fournir des aliments aux personnes à sa charge et en fixer le montant.
...
(5) Dans le calcul du montant des aliments éventuellement dus, la cour tient compte de la situation globale des parties notamment:
a) des biens et des ressources de la personne à charge et de ceux du défendeur y compris des prestations ou de la perte de prestations aux termes d'un régime de pension ou d'une rente;
b) de la capacité de la personne à charge de pourvoir à ses propres aliments;
c) de la capacité du défendeur de fournir les aliments;
d) de l'âge et de la santé physique et mentale de la personne à charge et du défendeur;
e) de la durée de la cohabitation de la personne à charge avec le défendeur;
f) des besoins de la personne à charge, appréciés en fonction, notamment, du niveau habituel de vie des parties pendant qu'elles cohabitaient;
g) des mesures à la disposition de la personne à charge pour qu'elle devienne pécuniairement indépendante, et du temps et du coût y afférant;
h) des autres obligations alimentaires du défendeur;
i) des indications que l'un ou l'autre devrait rester à la maison pour s'occuper de l'enfant;
j) de l'apport de la personne à charge à la réalisation par le défendeur de son potentiel professionnel;
k) si la personne à charge est un enfant, de son aptitude aux études et de ses perspectives d'y accéder;
l) si la personne à charge est un conjoint, de l'effet des responsabilités dont elle s'est chargée pendant la cohabitation sur sa capacité de gain;
m) si la personne à charge est un conjoint, de la garde dont elle s'est chargé d'un enfant âgé de 18 ans ou plus mais incapable en raison de maladie, déficience ou autre de s'affranchir de la garde parentale;
n) si la personne à charge est un conjoint, de l'aide qu'elle a apportée à la continuation de l'éducation d'un enfant âgé de 18 ans ou plus et incapable pour cette raison de s'affranchir de la garde parentale;
o) si la personne à charge est un conjoint, des services qu'elle a rendus à la famille, notamment de ménage ou de garde des enfants, au même titre que si elle avait consacré ce temps à un emploi rémunéré, et apportait les gains de cet emploi au soutien de la famille;
p) des autres créances alimentaires de la personne à charge, sauf celles prélevées sur les deniers publics.
(6) L'obligation alimentaire existe au profit d'un conjoint sans égard à sa conduite ou à celle du défendeur. Toutefois la cour qui fixe le montant des aliments peut tenir compte d'une conduite à ce point anormale qu'elle constitue un mépris clair et flagrant du rapport.
19.‑‑(1) La cour saisie en vertu de l'article 18 peut ordonner, selon le cas:
...
d) toute disposition prévue aux alinéas 45(1)a) à d), sous réserve du paragraphe 45(3);
40.‑‑(1) Chaque conjoint a une part égale du droit de l'autre à la possession du foyer conjugal.
(2) Cette part prend fin pour le conjoint qui ne l'est plus. Toutefois, cette cessation est subordonnée aux ordonnances de la cour rendues en vertu de la présente loi ou de tout autre. Elle l'est également à l'accord de séparation des conjoints.
45.‑‑(1) Sans égard à la proprieté d'un foyer conjugal et de ce qui s'y trouve et par dérogation à l'article 40, la cour peut, par ordonnance sur demande:
a) attribuer à l'un des conjoints, à vie ou pour un terme plus court, la possession exclusive du foyer conjugal, même en partie, en libérant de l'application de la présente partie les autres biens qui ont la qualité de foyer conjugal;
b) ordonner à ce conjoint de verser à l'autre les sommes périodiques qu'elle précise;
c) décider que ce qui se trouve dans le foyer y demeure, en totalité ou en partie, pour l'usage du conjoint attributaire;
d) décider qui se charge de la réparation et de l'entretien du foyer et des autres charges y afférant;
e) autoriser la disposition du droit de l'autre conjoint dans le foyer ou qu'il soit grevé, sous réserve du droit de possession exclusive du conjoint attributaire;
...
(3) L'ordonnance n'est rendue en vertu du paragraphe (1) que si, de l'avis de la cour, les autres possibilités de logement sont inadéquates ou si le meilleur intérêt d'un enfant l'indique.
[TRADUCTION] Il est respectueusement soutenu que les dispositions de la LRDF qui traitent de la possession exclusive [du foyer conjugal] et les ordonnances à cet égard doivent être qualifiées d'ordonnances de soutien. En conséquence, ces dispositions deviennent inopérantes lorsqu'un conjoint demande et obtient des mesures accessoires en vertu de l'article 11 de la Loi sur le divorce et, en pareil cas, la Cour n'a pas le pouvoir d'attribuer la possession exclusive du foyer conjugal en vertu de la LRDF.
En principe, il ne semble y avoir aucune raison valable de parler de prépondérance et d'exclusion sauf lorsqu'il y a un conflit véritable, comme lorsqu'une loi dit "oui" et que l'autre dit "non"; "on demande aux mêmes citoyens d'accomplir des actes incompatibles"; l'observance de l'une entraîne l'inobservance de l'autre.
Arrêts cités
- Reference Re Authority to Perform Functions Vested by Adoption Act, The Children of Unmarr scr-1938-398 ¶ 8
- Jackson v. Jackson item-5103-1972-10-18 ¶ 8
- Sniderman v. Sniderman 36 O.R. (2d) 289 ¶ 8
- Re: B.C. Family Relations Act 16158-1982-01-26 pp 88 ¶ 9
- Multiple Access Ltd. v. McCutcheon 15299-1982-08-09 ¶ 10
Lois et règlements cités
-
- art. 11 de la Loi sur le divorce au montant d'un dollar par ¶ 2
- article 18 ¶ 5
- article 40 ¶ 5
- article 11 de la Loi sur le divorce et ¶ 6
- art. 18 ¶ 7
- art. 11 de la Loi sur le divorce ¶ 7, ¶ 11
- art. 11 de la Loi sur le divorce relève de la compétence du ¶ 8
- art. 45 ¶ 8
- art. 11 de la Loi sur le divorce et l'art. 45 de la ¶ 10
-
Citations non résolues
- art. 8 de la Loi portant réforme du droit de la famille à ¶ 3
- article 45 de la Loi portant réforme du droit de la famille ¶ 4
- art. 45 de la Loi portant réforme du droit de la famille ¶ 4, ¶ 7, ¶ 8, ¶ 10
- alinéas 45(1)a) ¶ 5
- d) ¶ 5
- 45(3) ¶ 5, ¶ 7
- (1) ¶ 5
- 45(1) ¶ 7
- al. 19(1)d) de la Loi portant réforme du droit de la famille ¶ 7
- art. 45 de la Loi portant réforme du droit de la famille soit ¶ 9