Le jugement de la Cour a été rendu par
[TRADUCTION] Je conviens avec le savant juge de première instance que «les parties avaient, en fait, convenu des conditions du bail» et que «toutes les conditions principales du bail avaient été arrêtées».
Le bail porte sur 2,526 pieds carrés d’espace bureau-entrepôt dans un ensemble de 70,000 pieds carrés de plain-pied, comprenant un grand entrepôt et un mail commercial. La durée du bail était de cinq ans, à partir du 1er octobre 1975, au loyer annuel «net net» de $4.05 le pied carré, soit $10,230.24 par an, payable en versements mensuels, soit un total de $51,150.20 pour les
cinq ans. Le locataire devait également payer à titre de loyer sa part proportionnelle des taxes foncières, de l’assurance et des autres frais engagés par le propriétaire pour le compte de tous les locataires. A ces fins, le locataire était censé occuper 3.97% de tout l’espace à louer. La part de l’intimée dans ces frais communs, pour la période de cinq ans, aurait été au minimum de $14,974.20. Le loyer total pour la durée de cinq ans se chiffrait donc au moins à $66,124.40.
Les deux parties ont convenu avec le savant juge de première instance qu’à première vue, les dommages-intérêts revenant au propriétaire du fait de l’inexécution du locataire, sous réserve de l’effet d’une réduction éventuelle, devaient être la valeur actualisée des loyers futurs perdus, selon l’arrêt Highway Properties Limited c. Kelly, Douglas and Company Limited, [1971] R.C.S. 562.
[TRADUCTION] Les faits afférents à la réduction sont simples. L’immeuble de l’appelante a environ 62,500 pieds carrés d’espace à louer dans un bâtiment de plainpied en forme de U. Le centre du bâtiment, ou base du «U», a une longueur de 332 pieds et donne sur Windmill Road. Les côtés extérieurs des ailes latérales ont respectivement 301 pieds et 276 pieds de long sur une profondeur d’environ 100 pieds. L’immeuble a été conçu comme un grand entrepôt ouvert. Le promoteur était prêt à louer à tout locataire éventuel le nombre voulu d’unités de 625 pieds carrés chacune, et de faire ensuite
les installations nécessaires, y compris les murs de séparation pour clore l’espace choisi par le locataire. Aucune partie de l’immeuble ne semblait meilleure qu’une autre, mais certains pouvaient préférer les locaux donnant sur Windmill Road pour leur plus grande valeur publicitaire.
L’espace de 2,526 pieds carrés de l’intimée consistait en quatre unités formant une section horizontale au milieu de l’aile gauche.
Lorsque l’intimée a résolu son engagement, l’appelante n’avait loué aucune autre partie du bâtiment. Plus tard, elle a loué environ 17,000 pieds carrés à Goodboys Furniture Ltd., à compter du 1er février 1976, quatre mois après la résolution du bail par l’intimée. La superficie ainsi louée, à un loyer au pied carré légèrement inférieur à celui qu’aurait payé l’intimée, comprenait le coin gauche du centre, s’étendait sur 100 pieds en façade sur Windmill Road et sur 175 pieds, sur toute la largeur, de l’aile gauche du bâtiment et incluait donc l’espace réservé à l’intimée. M. Duckworth, le nerf moteur de Windmill Place, a témoigné que Goodboy avait tout d’abord demandé un espace voisin de l’espace d’Apeco et une plus grande superficie en façade. Duckworth avait persuadé Goodboy qu’il était dans son intérêt de prendre l’espace d’Apeco à l’arrière et de renoncer à l’espace additionnel en façade, parce qu’il craignait «que cet espace reste vide et à moitié terminé».
Toutefois, à la date du procès, le 22 mars 1976, Duckworth n’avait pas loué le reste de l’espace en façade et, en fait, avait loué moins de la moitié de l’ensemble. L’aile droite était entièrement vide et la façade l’était à moitié; seules deux autres sections en façade totalisant environ 3,700 pieds carrés avaient été louées. Un peu plus de la moitié de la superficie située à l’arrière de l’espace APECO, dans l’aile gauche, était louée.
[TRADUCTION] En matière d’inexécution de contrat, le vicomte Haldane, avec l’accord de tous les lords présents, a établi la règle suivante dans British Westinghouse Electric and Manufacturing Co. v. Underground Electric Railways: «si l’on doit prendre en considération l’opération ultérieure, il faut qu’elle résulte des conséquences de l’inexécution et se situe dans le cours normal des affaires».
Notes de bas de page
- [1] (1976) 72 D.L.R. (3d) 539.
- [2] [1912] A.C. 673.
- [3] [1944] R.C.S. 1.
Arrêts cités
- Highway Properties Ltd. v. Kelly, Douglas and Co. Ltd. item-4925-1971-02-01